Voici, comme prévu, le livre inspirant pour cet été : Mange, Prie, Aime d'Elizabeth Gilbert, romancière américaine.
Publié en 2006, Mange, prie, aime a connu un énorme succès planétaire et il existe d'ailleurs une adaptation cinématographique avec Julia Roberts dans le rôle principal. J'ai beaucoup aimé le film et l'interprétation de l'actrice même si j'ai largement préféré le livre.
L'auteure nous raconte son
étonnante et inspirante histoire qu'elle a vécu à travers trois
voyages qui ont transformé sa vie.
Tout
commence le jour où Elizabeth réalise qu'elle n'est pas heureuse,
que son mariage est un désastre et qu'elle ne mène pas la vie
qu'elle souhaiterait. Elle fait une dépression et cette prise de
conscience l'amène à s'adresser à Dieu, pour la première fois de
sa vie. A bout de force, elle lui demande de l'aide en prière. En
réponse, elle entend sa voix intérieure qui lui parle avec
bienveillance et sagesse.
Elle
décide alors de divorcer et de changer de vie. Elle qui n'avait
jamais osé envisager l'idée de quitter son mari, va finalement se
réveiller grâce à cette prise de conscience.
Son
divorce se passe très mal car son époux refuse de signer les
documents. Beaucoup de temps s'écoule, le climat est tendu mais,
malgré cela, Elizabeth découvre les joies de la liberté; elle
retrouve l'envie de faire de nouvelles choses : elle souhaite apprendre
l'Italien et découvrir la spiritualité puis va rencontrer un autre
homme.
La
première action qui la mettra sur la bonne voie sera un voyage
professionnel : une commande du magazine pour lequel elle travaille
qui lui demande d'écrire un article sur le yoga en Indonésie.
Là-bas, elle fera la rencontre d'un sorcier qui lui prédit qu'elle
reviendra le voir d'ici quelques mois. Cela l'intrigue et fait écho
en elle. Elle trouve alors une fabuleuse idée : prendre une année
sabbatique consacrée au voyage. Les douze mois seront partagés en
trois : quatre mois en Italie, quatre mois en Inde et quatre mois en
Indonésie.
A
partir du moment où elle trouve cette idée, tout devient fluide.
Son mari accepte de signer les documents du divorce et elle trouve
comme par miracle l'argent nécessaire pour partir (je vous laisse
découvrir de quelle façon), bref elle va enfin pouvoir réaliser
son premier voyage en Italie.
C'est
la première partie du livre qui correspond à "mange", la
quête des plaisirs de la vie. Elle arrive donc en Italie, à
Rome, pour découvrir le pays et apprendre la langue. Au cours de son
séjour, elle fera la découverte de la ville, du pays, de la
culture, de l'art et de la gastronomie bien sûr.
Ce
qui me gêne un peu c'est le rapport au plaisir de la nourriture qui
passe par les repas "carnés"; bon je n'adhère pas du
tout, mais c'est mon ressenti et, si je laisse cet aspect-là de côté,
c'est très intéressant car elle se permet enfin d'accéder aux plaisirs de
la vie.
Mais,
au bout de 10 jours, la dépression et la solitude refont surface :
elle compare le romanesque de la ville et ce voyage en Italie, pays
de l'amour, qu'elle entreprend toute seule, avec sa relation compliquée et
peu satisfaisante avec son amoureux de New-York dont elle vient de se séparer.
Finalement,
elle va peu à peu se reconstruire grâce aux plaisirs simples de la
vie; ce sera alors une libération, un épanouissement. Elle quitte
l'Italie avec des kilos en plus mais elle associe symboliquement
cette prise de poids au sentiment d'exister.
2ème partie, second voyage : L'Inde, qui
correspond au mot "prie", c'est la quête de la dévotion.
Elle
se retrouve à Bombay, dans un ashram (un lieu isolé où l'on vit de
façon austère et dans lequel on apprend les pratiques
spirituelles). Là on lui attribue une mission : astiquer le sol des
temples ! Puis le reste du temps est consacré à la méditation,
pratique qu'elle trouve très difficile et qu'elle n'aime pas, notamment à cause du manque de concentration (les pensées fusent et
se bousculent). Elle explique d'ailleurs que les Bouddhistes ont une
expression pour décrire les idées qui se balancent d'une branche à
l'autre pendant la méditation : "l'esprit du singe" !
Au
cours de ses expériences, Elizabeth va apprendre à vivre l'instant
présent, à réciter des mantras et à être patiente. Elle fera beaucoup de rêves puis comprendra qu'elle peut enfin tourner la page
sur son passé, son mariage, son divorce et sa relation peu
épanouissante avec son amoureux de New-York.
Alors
qu'elle prend conscience qu'elle a toujours trop parlé et qu'elle
décide de faire vœu de silence, on lui attribue une nouvelle
mission : première hôtesse pour encadrer une série de retraites !
Elle
quitte l'Inde en ayant trouvé la grâce.
L'aspect
que j'ai le moins aimé est toute la partie liée à la religion car cela ne me parle pas; je suis attirée par la spiritualité et non par la
religion, mais encore une fois ce n'est que mon ressenti et ça ne
gâche en rien le récit.
Nous
voilà à la troisième et dernière partie du livre : L'Indonésie :
"aime", la quête de l'équilibre. Elizabeth est à présent
à Bali et retrouve comme l'avait prédit le sorcier de son premier séjour
en Indonésie. Un échange s'installe alors : elle apprend l'anglais
au sorcier et celui-ci lui transmet ses connaissances. Elle devient
en quelque sorte sa secrétaire ! Grâce à son enseignement, elle
découvre alors les coutumes locales, les cérémonies, soins etc. Elle
fera des rencontres enrichissantes avec les habitants et trouvera l'amour, le vrai.
Elle
comprend qu'elle a été "l'initiatrice de
son propre sauvetage" : elle est à présent heureuse, équilibrée et libérée de la "mascarade de la
représentation et les faux-semblants" comme elle le décrit. Quatre
années pour accéder enfin au bonheur.
Et
le livre se termine par une théorie du voyage, suggéré par son
amoureux brésilien : partager leur existence entre l'Australie (pays
dans lequel vivent ses enfants), l'Amérique (son pays natal à
elle), le Brésil (le sien) et Bali, où il vit et se sont
rencontrés.
Je
trouve courageux et intéressant d'avoir osé parler de la
spiritualité ouvertement, à un large public. Nous étions en 2006... La spiritualité était beaucoup moins populaire qu'aujourd'hui. Et puis j'ai aimé son authenticité, sa vulnérabilité et
l'originalité aussi du récit, qui bascule entre les coïncidences
et les signes et le récit construit de façon précise où rien
n'est laissé au hasard : les trois "I" (Italie, Inde,
Indonésie), les trois thèmes et la structure du récit qui est
donc très bien expliqué dans le "mode d'emploi" au début
du livre.
Beaucoup de créativité et d'inspiration dans ce témoignage donc ! C'était mon coup de cœur et je voulais le partager dans
cette vidéo.
Je vous donne rendez-vous cet automne pour le prochain livre inspirant ! Et n'oubliez pas de vous abonner à la chaîne Youtube de SI, c'est important. Merci !